Conditions alarmantes d’accès à l’eau pour les populations villageoises

Après deux mois et demi de présence dans la région de Koumra (province du Mandoul) dans le sud du Tchad et plus d’une centaine de localités visitées, Irénée de Poulpiquet, responsable des projets de Caridad, mène déjà plusieurs constats concernant les conditions alarmantes d’accès à l’eau, l’hygiène et les conséquences sur la santé des populations villageoises.

Eau non potable, eau toxique

La majorité des puits visités ne sont en réalité que de simples trous d’où stagne l’eau des dernières pluies.

La majorité des forages servent uniquement à la récupération de l’eau lors de la saison des pluies. L’eau stagne et les trous sont souvent non sécurisés. Des saletés y tombent parfois et la souillent. (© Irénée de Poulpiquet)

L’eau est souvent non potable, voire toxique, pour les habitants : eau trouble, malodorante, chargée en nitrates, en nitrites, parfois y est ajoutée de la javel…

Les forages sont dépourvus de rebords. Cela ajoute un autre problème, et non des moindres : des animaux tombent parfois dedans. Les en sortir est parfois compliqué, voire impossible. L’eau en devient très polluée et la boire expose les villageois à de très graves conséquences.

L’eau non potable des forages récupérateurs des précipitations contribue à la mauvaise santé des populations : ventre proéminent, hernies, problèmes de peau, bilharziose (infestation du sang), etc. (© Irénée de Poulpiquet – © Caridad)

Infrastructures d’accès à l’eau : vétusté, matériaux de mauvaise qualité, manque d’entretien

Les puits en eau grâce aux nappes phréatiques sont plus rares. Mais ce qui pose parfois problème, c’est la qualité des matériaux du dispositif de pompe à main qui, une fois endommagé, bloque l’accès au puits.

Quelques châteaux d’eau sont également présents sur le territoire, mais l’entretien n’étant pas toujours à la hauteur, l’utilisation s’en trouve également limitée. Il faut ajouter la nécessité de carburant ou d’électricité pour faire arriver l’eau dans le château. Cela complique la donne.

Aux conditions alarmantes d’accès à l’eau pour les populations villageoises s’ajoutent tensions et manque d’hygiène.

Enfin, les châteaux d’eau amènent parfois à quelques tensions entre localités. Le village, sur lequel est érigée l’infrastructure, fait parfois pression sur les autres collectivités en ayant la main sur le robinet d’eau.

Aux conséquences sanitaires dues aux différents problèmes d’accès à l’eau s’ajoutent le manque d’hygiène et de pratique d’hygiène, notamment l’utilisation de savon.

Forage récupérateur d’eau de pluie dans un village de brousse de la province du Mandoul. (© Irénée de Poulpiquet)

Conditions alarmantes d’accès à l’eau pour les populations villageoises : perceptives

L’accès à l’eau au Tchad, notamment dans cette région du diocèse de Koumra, est une réelle problématique. Le danger plane sur les populations tchadiennes des villages de brousse. Caridad l’étudie afin d’apporter au plus juste une réponse qui puisse durer dans le temps pour le bien des populations. L’association a d’ores et déjà mené un projet de forage sur nappe phréatique pour une collectivité. Elle n’en avait pas à moins de trois kilomètres à la ronde.

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