Tchad : inauguration du premier forage financé par Caridad

Mercredi 15 avril 2026, Irénée de Poulpiquet, responsable des projets de l’association, menait l’inauguration du premier forage d’accès à l’eau financé par Caridad au Tchad. Munie d’une pompe à main, la nouvelle infrastructure bénéficie à l’école tchadienne Jacques Allaire et aux familles voisines, situées à Bandana (près de Penni) sur le diocèse de Koumra dans la province du Mandoul. Un nouveau point d’eau capital. Un projet pilote rondement mené.

Tempête de ciel bleu, soleil au zénith. Sous près de 42°C, une foule d’élèves et de parents s’est amassée autour du nouveau forage et de son infrastructure de pompe à main à l’occasion de son inauguration.

Nouveau forage avec pompe à main pour l’école Jacques Allaire
(© Irénée de Poulpiquet)
Foule d’élèves et de familles à l’occasion de l’inauguration du forage de l’école Jacques Allaire (© Irénée de Poulpiquet)

À l’ombre de quelques grands margousiers ou caïlcédrats à proximité du puits, les hommes, les femmes – dans leurs tenues colorées – et les enfants de l’école se sont installés pour l’inauguration. Les uns ont pris place sur quelques bancs de salles de classe sortis pour l’occasion. Les autres sont assis à même le sol et attendent le premier discours. Les autorités, ayant fait honneur de leur présence, bénéficient d’un barnum de fortune fait de bois et de bâches le temps des discours et de la bénédiction de l’ouvrage et des élèves par le père Yves.

Bénédiction du forage et de son infrastructure de pompe à main
(© Irénée de Poulpiquet)
Bénédiction des élèves et des familles venus en masse pour l’inauguration du nouveau forage (© Irénée de Poulpiquet)

Un projet valorisé par la présence d’autorités à l’inauguration

La présence de plusieurs autorités de la région à cette inauguration a marqué l’importance d’une telle réalisation. Cela a aussi renforcé la crédibilité de l’œuvre humanitaire projetée par Caridad dans la province du Mandoul.

Étaient présents le sous-préfet, l’inspectrice de l’État, le responsable de la sécurité du département, l’inspecteur général et le responsable des projets du diocèse de Koumra (le père Yves) et le directeur de l’école.

Panneau immortalisant la mission locale menée par Caridad en partenariat avec le diocèse de Koumra (© Irénée de Poulpiquet)

Inauguration du premier forage financé par Caridad au Tchad : messages forts
des autorités

  • L’autorité de l’État : le sous-préfet a prononcé un discours très ferme, concluant : « Cette œuvre est pour le bien commun. Qui s’oppose au bien commun et à cette œuvre et qui la détruira aura affaire à moi. »
  • L’impact humain : l’inspectrice de l’État a pris la parole avec émotion. Elle a remercié Caridad non seulement de par sa fonction de représentante de l’éducation, mais aussi « en tant que mère ». Elle a rappelé que sans eau, aucune vie ni aucune éducation n’est possible.
  • La réalité du terrain : le père Yves a rappelé le contexte tragique de la zone. Ce secteur est considéré comme une « zone d’éducation morte » avec très peu d’infrastructures. La misère y est si écrasante que certaines familles sont poussées au désespoir. Elles envoient parfois leurs enfants se prostituer à N’Djamena afin de survivre.

Représentant de Caridad, Irénée de Poulpiquet s’est lui aussi plié au jeu d’un petit discours avec la nécessité d’un message fort, dont voici un extrait : « Aujourd’hui, grâce à l’association Caridad et à la générosité de nos donateurs en France, nous apportons une vraie solution. Cette pompe est là, et l’eau propre coule enfin ! Mais attention, chers enfants, monsieur le directeur, chers parents : le plus important aujourd’hui, ce n’est pas seulement que l’eau coule, c’est qu’elle coule encore dans 10, 20 ou 50 ans ! Cette pompe installée par l’association Caridad n’est pas un jouet, c’est un outil précieux qui vous appartient désormais. C’est à vous d’en prendre soin. C’est en anticipant les pannes et en vous organisant tous ensemble pour l’entretenir que ce forage durera. »

À l’issue de la cérémonie marquant l’ouverture officielle de la pompe, l’accès au nouveau point d’eau s’est avéré compliqué. Des centaines d’élèves se bousculaient et se chamaillaient pour avoir enfin la chance de boire de l’eau fraîche et propre. Cette scène saisissante, qui s’est déroulée sous les yeux satisfaits de l’humanitaire, illustre à elle seule l’immensité de la soif et des besoins dans le Mandoul.

Chamailleries et bousculades entre élèves pour avoir enfin la chance de boire de l’eau fraîche et potable (© Irénée de Poulpiquet)

Inauguration du premier forage financé par Caridad au Tchad : une situation qui ne pouvait plus durer face à l’accès à l’eau

Véritable épicentre scolaire de la zone, l’école Jacques Allaire, construite en 2022, comprend 523 élèves. Certains élèves parcourent jusqu’à 7 kilomètres à pied chaque jour pour venir s’instruire.

Jusqu’à la mi-avril 2026, l’établissement ne disposait d’aucun point d’eau potable.

Les enfants devaient parcourir quelques 300 mètres pour récupérer et boire l’eau de pluie d’un puits traditionnel ouvert. L’eau y est particulièrement insalubre. Outre sa stagnation, des animaux tombaient fréquemment dans le réservoir par manque d’un minimum de protection. Les familles des villages environnants, vivant dans une extrême précarité, et les élèves de l’école n’avaient alors aucune autre alternative.

La consommation de l’eau insalubre des puits provoque des épidémies constantes. Par ricochet, cela entraine un absentéisme scolaire massif de bon nombre d’enfants. La réussite scolaire, déjà si fragile pour beaucoup, était une nouvelle fois pénalisée.

Le besoin d’un forage pour accéder à l’eau d’une nappe phréatique dans cette zone était donc nécessaire et même vital.

Rapidité et efficacité du projet pilote et de sa mise en œuvre

Le travail dévoué de notre collaborateur sur place a permis de mobiliser, en un temps record, les instances locales et de solliciter des entreprises pour des devis travaux et la réalisation de l’ouvrage.

Le chantier a été mené avec une grande efficacité, malgré les contraintes inhérentes au terrain.

Chantier du forage de l’école (© Irénée de Poulpiquet)
Curiosité des élèves à l’arrivée de l’eau (© Irénée de Poulpiquet)
  • Déroulement : le forage a été réalisé de manière manuelle en moins d’une semaine. La nappe phréatique a été atteinte à 37 mètres de profondeur. Les opérations de soufflage ont duré deux jours, suivies de deux autres jours pour la construction de la margelle.
  • Choix des matériaux : nous avons opté pour une pompe de modèle Mark II. Ce choix est stratégique : elle est facilement réparable et les pièces de rechange sont disponibles sur les marchés de Doba et Koumra. La tringle est en acier inoxydable (garantissant la pureté de l’eau) et les tuyaux sont en PVC d’origine togolaise, réputés comme les meilleurs du marché sous-régional.
  • Garantie : l’entreprise a signé une garantie de six mois sur l’installation.
  • Contrôle qualité : lors de la réception du chantier, notre inspection a révélé de petits défauts de conception sur la margelle et la rigole d’évacuation (qui respectent par ailleurs les normes internationales). L’entreprise s’est formellement engagée à corriger cela rapidement. Le père Yves, sur place, est chargé de vérifier la bonne exécution de ces retouches.

Objectifs atteints et prometteuse perspective

L’inauguration de ce premier projet pilote de l’association Caridad dans le Mandoul est une étape cruciale.

Elle marque l’aboutissement d’un double objectif : celui de répondre à une urgence vitale, mais aussi celui de tester la fiabilité et la réactivité des entreprises de forage locales en vue du grand programme d’amélioration d’accès à l’eau – une eau potable – projeté par l’association Caridad.

Plus de kilomètres à faire pour aller remonter à la force des bras de l’eau insalubre. Enfin, à proximité de l’école, un forage avec pompe à main pour remonter une eau claire et potable. (© Irénée de Poulpiquet)

Ce forage pilote est un succès total. Il valide notre méthodologie d’intervention. Il confirme l’urgence absolue de déployer les autres forages du programme dans les semaines à venir.

Irénée de Poulpiquet, responsable des projets de Caridad, est parti début février 2026 dans le sud du Tchad pour trois mois de mission. Mission qui est d’observer l’accès à l’eau sur le diocèse de Koumra.

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