Irénée de Poulpiquet, responsable des projets de Caridad, est parti début février 2026 dans le sud du Tchad pour trois mois de mission. Mission qui est d’observer l’accès à l’eau sur le diocèse de Koumra. Après 6 premières semaines de mission au Tchad, il y constate l’état des puits et des forages en place, principales infrastructures d’accès à l’eau. Il teste également la qualité de l’eau et perçoit les conséquences d’une eau non potable sur la population. Enfin, il écoute les chefs de villages et les habitants sur leur quotidien et leurs besoins quant à l’accès à une eau saine.
Voyage et première semaine à N’Djamena
La première étape du voyage d’Irénée est de se rendre à Paris depuis Redon. De là, c’est de Roissy qu’il embarque le 2 février 2026 sur le vol Air France à destination de N’Djamena, capitale du Tchad.
Près de huit heures de vol après le décollage, voici l’humanitaire foulant le sol tchadien pour la seconde fois, sous une bonne trentaine de degrés.
Une semaine au sein de la capitale tchadienne lui permet de prendre ses repères. Il met aussi à profit ces quelques jours pour allonger la liste de ses contacts. Enfin, il programme sa descente dans le sud en direction du diocèse de Koumra.
Ce temps à N’Djamena lui permet aussi de retrouver monsieur Clément, Camerounais responsable des projets pour les religieuses salésiennes de Babete au Cameroun. Il aide les sœurs à réaliser les dossiers et les rapports concernant leurs actions auprès de réfugiés d’Ambazonie. Irénée de Poulpiquet l’avait rencontré au Cameroun en 2022 à l’occasion de son séjour là-bas.

Cette rencontre avec monsieur Clément à N’Djamena est l’occasion de faire un point sur la situation ambazonienne et des sœurs de Babete.
Étape au monastère Sainte-Agathe de Lolo
Le 9 février, une semaine après son arrivée en terre d’Afrique, une nouvelle étape du voyage l’amène à quitter enfin la capitale. Il se rend chez des bénédictines au monastère Sainte-Agathe à Lolo près de Moundou dans l’extrême sud-ouest du pays.
Le monastère fait face à la pauvreté et tente de l’endiguer par l’instruction. Après l’érection d’une école primaire, elles ont érigé un lycée. 21 filles de 6 à 14 ans vivent au sein d’un foyer et s’instruisent.

(© Irénée de Poulpiquet)

(© Irénée de Poulpiquet)
Sœur Véronique indique à Irénée que dans cette région du Tchad, les jeunes filles arrêtent bien souvent l’école à 12 ans pour se marier. Leur école et leur lycée apportent à cette jeunesse féminine ainsi qu’à leurs familles l’espoir d’un avenir meilleur.
Après quarante-huit heures sur place, Irénée prend la route pour Koumra. Il y concentrera une grande partie de son temps à étudier l’accès à l’eau dans les villages alentours, au contact des populations les plus pauvres de brousse.
Diocèse de Koumra : des premières visites de paroisses à l’entrée en carême
Installé à l’évêché de Koumra, notre responsable des projets poursuit son séjour dans le sud du pays.
Les premiers instants amènent notre collaborateur et ami à rencontrer des religieux. Il assiste aussi aux derniers offices dansants d’avant le carême et découvre les premiers villages proches de la ville.
L’une des premières paroisses visitée est celle de Monrogoulaye. Accompagné de sœur Félicité, il y rencontre des groupes de femmes bénéficiant grâce à la religieuse d’un système de microcrédits pour lancer leurs activités.

(© Irénée de Poulpiquet)

(© Irénée de Poulpiquet)

(© Irénée de Poulpiquet)
Il a également commencé à observer l’accès à l’eau sur place : puits du presbytère, forages ou encore un château d’eau neuf réalisé par une association humanitaire chinoise, mais… non fonctionnel.
De retour à Koumra, Irénée découvre le début du carême. Du mercredi des Cendres au premier vendredi de carême avec le chemin de croix, les fidèles sont nombreux aux offices, derrière les prêtres ainsi que leur évêque Mgr Samuel Mbairabé Tibingar.
Séjours en brousse : la question centrale de l‘accès à l’eau
Le week-end et les jours suivant l’entrée en carême, Irénée part à l’aventure sillonner les premiers villages de brousse.
Le couvre-chef sur la tête face au soleil au zénith et les degrés grimpants de la période chaude, les pieds dans une terre sèche et poussiéreuse, il découvre l’accès à l’eau de ces villages et fait de premiers tests sur l’eau des puits.

Irénée rencontre plusieurs chefs de villages et s’entretient avec eux. Il bénéficie aussi d’un accueil chaleureux de nombreux villageois. Vêtus parfois de leurs tenues traditionnelles colorées, ils viennent le rencontrer et s’intriguent de son kit de test pour l’eau.




(© Caridad)
Après un mois à découvrir villages et puits de la région
Plus d’un mois après son arrivée à Koumra, Irénée tient un rythme soutenu dans ses visites en brousse.
Sur 53 sites visités (villages, dispensaires, écoles, lycées), il constate notamment la diversité des moyens d’accès à l’eau :
- puits, simple forage ou rien parfois
- accessibilité à tous ou privé
- fonctionnel ou non
- remontée manuelle à la corde ou avec système de pompage
- simple trou de forage ou réel aménagement en puits sécurisé




Il constate aussi la nocivité de l’eau due à sa pollution. Dans certains villages notamment, le constat est marquant : aspect trouble de l’eau, présence d’un pourcentage élevé de nitrate par les tests qu’il a menés, constatation des conséquences physiques directes sur les jeunes des villages (gros ventre, hernie, etc.).

(© Irénée de Poulpiquet)

(© Irénée de Poulpiquet)
Et la mission se poursuit par de nombreux déplacements en brousse, parfois dans les villages les plus reculés. Voiture, moto, pirogue, autant de moyens de locomotion sont nécessaires pour atteindre la destination.
À la mission principale de l’accès à l’eau, Irénée s’est vu aussi endosser la casquette de « médecin » de brousse. Il apporte des soins élémentaires, notamment à des enfants présentant des plaies ouvertes souvent depuis plusieurs mois.

Premières semaines de mission au Tchad : des objectifs clairs portés sur l’accès à l’eau
La mission tchadienne d’Irénée de Poulpiquet est de réaliser l’étude d’un projet durable. Sa mise en place se fera sur plusieurs années.
Les objectifs premiers sont de :
1. Cartographier : recenser l’état réel des points d’eau dans les paroisses ciblées
2. Analyser : tester l’eau, identifier les maladies des habitants liées à l’eau
3. Comprendre : identifier les freins sociaux à la gestion de l’eau (gouvernance, capacité à payer, tabous culturels)
4. Réseauter : identifier les partenaires techniques et financiers sur place (N’Djamena)
5. Communiquer : réaliser un reportage vidéo et photo sur cette situation
Après ses premières semaines de mission au Tchad, Irénée de Poulpiquet rassemble déjà de nombreux éléments (tests, photos, discussions avec chefs de villages et populations, observations, etc.) sur l’accès à l’eau des populations pauvres du diocèse de Koumra.
L’aventure continue…



