Entretien avec le père Raymond, carme au Liban

Le père Raymond, avec ses frères carmes déchaux, tient des écoles à Kobayat, à Tripoli et à Mejdlaya au Liban. Entretien.

Caridad (CA) : Comment évolue la situation au Liban en ce début d’année 2026 ?

Père Raymond (PR) : Au Liban en 2026, nous avons beaucoup d’espérances grâce au nouveau dynamisme créé par la visite du pape et aussi au nouveau gouvernement avec le nouveau président de la République. Les grandes difficultés ne cachent pas les côtés positifs … c’est mieux qu’avant.

CA : Êtes-vous affectés par la situation avec Israël au sud Liban ?

PR : La tension dans la région affecte notre vie d’une manière indirecte, mais quelques fois aussi directe. De temps en temps, les bombardements touchent les régions autour de nous où il y a des localités qui contiennent du matériel militaire. Si nous comparons la situation d’aujourd’hui à celle d’il y a un an, nous nous trouvons cependant beaucoup mieux qu’avant, avec moins de tension.

CA : Le nombre d’élèves à aider augmente-t-il ?

PR : Le nombre d’élèves à aider est actuellement en diminution, parce que le gouvernement, avec l’aide de quelques donateurs internationaux, offre les contributions aux familles des militaires, aussi les taxes scholastiques. Cela facilite un peu la tâche et diminue le nombre des familles en nécessité d’aide scolaire.

Mais pour un grand nombre de familles, le défi réside dans la manière d’affronter les autres besoins : médicaux, éducatifs (universités) et humanitaires. Il s’agit d’un nombre assez important de familles parmi les plus fragiles.

Nous ne pouvons pas toucher tous les besoins, mais nous aidons et soulageons de l’autre côté.

CA : Quelles nouvelles de vos différentes écoles, des élèves et de leurs familles ?

PR : La situation à Kobayat est la même qu’à Tripoli et à Mejdlaya. Les familles qui vivent à Kobayat sont cependant plus fragiles du point de vue économique parce que le marché du travail y est très limité. Le salaire est la seule source pour financer les dépenses de la famille. Tandis qu’à Tripoli ou à Zgharta, les familles peuvent trouver un travail supplémentaire pour financer le déficit familial. À Kobayat, nos aides scolaires sont les seules sources pour couvrir les trous dans l’économie familiale.

CA : Quel est le salaire des professeurs en 2026 et quel est le prix d’inscription ?

PR : Le salaire minimal pour l’année scolaire 2026 est de 700 dollars américains. Les taxes montent jusqu’à 21% du total du salaire. Une partie est payée par le professeur, une autre par l’école.

La scolarité annuelle d’un enfant cette année 2026 coûte 1 100 dollars en moyenne. Les écoles de Tripoli dépassent les 2 000 et 3 000 dollars en moyenne.

CA : Un dernier mot ?

PR : Merci encore une fois pour votre considération et merci de continuer à soutenir nos familles et nos jeunes dans la situation actuelle dans laquelle se trouve notre pays. La lumière de l’aurore commence à briller et nous commençons à en voir les rayons. Pourtant il reste toujours de grands besoins autour de nous et nous sommes tenus d’y répondre au nom de Jésus. Votre intervention et votre charité nous facilitent notre mission et pour cela nous vous assurons notre prière.

Que Dieu vous bénisse !

Les frères carmes déchaux, dont le père Raymond à droite, avec nos deux volontaires en 2023. (© Irénée de Poulpiquet)

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