Liban : financement de la scolarité pour les familles les plus vulnérables 

Depuis 2020, Caridad contribue au financement de la scolarité pour les familles les plus vulnérables et victimes de la précarité. La situation de crise généralisée au Liban s’est aggravée ces dernières années. Des enfants ne sont plus scolarisés faute de moyens, des écoles ferment faute d’élèves.

Crise financière, crise économique, dévaluation de la livre libanaise, hyper-inflation, explosion du port de Beyrouth, guerre entre le Hezbollah et Israël… Voilà maintenant plusieurs années que le Liban est frappé de toute part par les mauvaises nouvelles. L’économie du Liban est catastrophique. Alors que la monnaie locale a perdu 98 % de sa valeur, le salaire moyen permet donc de couvrir seulement 24 % des besoins alimentaires de base de la population. 

Selon une étude des Nations-Unies, le prix d’un panier de courses a augmenté de 1 700 % depuis octobre 2019.

Comme l’État n’a plus les moyens de subvenir aux besoins de sa population, elle subit de nombreuses pénuries : médicaments, électricité, essence, papier, etc.

Les écoles du pays, dont celles des frères Carmes à Tripoli, à Kobayat et à Medjalayia, n’échappent pas à la crise. Elles sont touchées de plein fouet par les difficultés financières. La baisse du nombre d’enfants scolarisés en est la cause première.

Dilemme : nourrir ou instruire ses enfants ?

Contraintes par la situation économique du pays, les familles se retrouvent confrontées à un dilemme : nourrir et soigner le foyer ou scolariser leurs enfants. Malheureusement, pris à la gorge par manque de moyens, de nombreux parents se voient obligés de sacrifier l’avenir de leurs enfants. La priorité donnée à la nourriture, à la santé ou encore au logement laisse souvent de côté la santé et l’instruction.

Cette déscolarisation entraîne parfois des conséquences graves, à savoir une augmentation des mariages précoces et une multiplication de l’exploitation (abus sexuels et travail infantile).

15 % des familles des écoles des Carmes du Liban, qui représentent les plus vulnérables, ne peuvent plus faire face au financement des frais de scolarité de leurs enfants. Elles ont besoin d’une aide financière.

Parfois certains professeurs des écoles des Carmes acceptent de diminuer leurs salaires, mais eux aussi ont une famille à nourrir !

Les Carmes ont également fait le choix d’abaisser le montant des frais de scolarité de leurs écoles. Cela permet de laisser aller en classe les enfants des parents les plus pauvres. Cela est un manque évident. Ils doivent donc trouver d’autres revenus.

L’école libanaise souffre

Depuis 2017, le ministère de l’Éducation est bien en peine de verser les subventions qu’il doit aux écoles. Or, cela représente près de la moitié des frais d’inscriptions d’un élève.

Faute d’un nombre suffisant d’élèves, les écoles se retrouvent donc au bord de la fermeture. Confrontées à la crise financière du pays, les écoles ferment les unes après les autres.

Le système éducatif libanais repose sur un triple fonctionnement. Il y a des établissements privés payants et d’autres publics gérés par l’État. Un intermédiaire existe avec des semi-gratuits financés en partie par l’État et les parents d’élèves. Ces derniers sont généralement tenus par des congrégations religieuses. C’est le cas pour les écoles gérées par les frères des Carmes déchaux.

Avec l’arrêt des subventions de l’État, les Carmes doivent faire face à diverses dépenses pour leurs écoles :

  • Frais d’entretien des bâtiments et d’équipements divers, factures d’eau, d’électricité, etc.
  • Salaire des professeurs 
  • Frais de scolarité des enfants : il faut 200 € par an par élève.
  • Frais liés à leurs fermes potagères dont le but est d’offrir des repas aux élèves pour alléger la charge familiale.
Élèves libanais
Élèves libanais

Caridad se mobilise par le financement de la scolarité pour les familles les plus vulnérables

Depuis 2020, Caridad soutient les écoles des Carmes déchaux de Tripoli, de Medjalayia et notamment de Kobayat. L’association a pris en charge le financement de la scolarité pour 500 enfants des familles les plus vulnérables des écoles des Carmes du Liban.

Deux premiers volontaires sont partis deux mois à l’été 2023 vivre auprès des Carmes, afin d’aider la population libanaise et notamment les enfants.

Un don de 67 € permet de financer un trimestre de scolarité pour un enfant.

Chaque année, grâce aux soutiens des donateurs de Caridad, 100 jeunes sont scolarisés.